jeudi 24 mai 2012

Retour de voyage


Nous voici de retour à Meaux, des images plein la tête.
Nous garderons un excellent souvenir de ce voyage qui nous a permis de faire de belles rencontres.
Partout nous avons été accueillis chaleureusement.
Tous nos interlocuteurs ont gentiment contribué à notre étude sur le peuple mapuche.
Notre séjour dans la communauté mapuche du Lago Budi a été une expérience formidable.
De Santiago aux Andes, en passant par Valparaiso et l’Araucanie, nous avons découvert un beau pays, riche de contrastes.
D’ici la fin de l’année scolaire, nous organiserons une conférence au lycée afin de raconter notre voyage.
Puis en septembre nous présenterons une exposition de photographies à la médiathèque de Meaux.

Palais présidentiel de La Moneda à Santiago

Le port de Valparaiso

Ruka au Lago Budi

Villarica, au pied des Andes: le volcan et le lac




mardi 8 mai 2012

Hasta luego, Santiago

Pour cette dernière journée, nous nous sommes séparés en deux groupes, certains désirant retourner à Valparaiso, les autres voulant profiter encore de Santiago.
Ces derniers ont visité le musée historique qui retrace l'histoire du Chili depuis les peuples précolombiens jusqu'au coup d'état de Pinochet. Nous nous sommes aussi promenés à Bellavista,quartier bohème de Santiago. Enfin, alors que les plus courageuses arpentaient encore les rues de Santiago, d'autres se sont offert des douceurs dans un salon de thé.
D'ailleurs, nous avons remarque l'influence germanique au Chili (héritage de l'immigration allemande dans le pays depuis le XIXeme siècle): les gâteaux ressemblent à des pâtisseries viennoises, le completo, sandwich national, est composé d'un pain brioche, d'une saucisse de Francfort, de tomates concassées, de purée d'avocat, de mayonnaise et de choucroute.
Entre autres choses qui nous ont également surpris: les uniformes des collégiens et des lycéens, les très nombreux chiens errants (ce qui réjouit certains et en effraient d'autres), les multiples prédicateurs de rue...
C'était donc un très beau voyage qui nous a beaucoup appris sur les Mapuches. Un bilan plus complet à notre retour en France.

Villarica sous le soleil

Après une journée de détente dans les environs de Villarica (randonnée à cheval ou promenade au bord d'un lac) nous voici de retour à Temuco. Nous nous apprêtons à monter dans le bus de nuit pour Santiago.

dimanche 6 mai 2012

Sous la pluie

La journée de l'élection présidentielle fut aussi riche en émotions de ce côté de l'Atlantique. Ce matin, deux projets étaient envisagés : les unes se reposaient tandis que les autres partaient en randonnée dans le parc national de Huerquehue. Malheureusement la pluie s'en est mêlée et les randonneurs, une fois arrivés à Pucon, ont finalement sauté dans un bus en direction de Curarrehue , petit village de montagne proche de la frontière argentine. La pluie nous incite à nous réfugier dans l'église où nous assistons à la messe dominicale. Nous nous nous rendons ensuite au centre culturel mapuche, aujourd'hui musée. Puis nous déjeunons dans une guinguette tenue par une femme très accueillante qui nous sert un bon repas et nous offre du maté. Sur le chemin du retour nous rencontrons un cavalier qui nous invite à participer à une fête locale: une course hippique. Nous pouvons ainsi discuter avec plusieurs mapuches, dont l'un est responsable d'un projet écotouristique.

samedi 5 mai 2012

Dans les Andes

Ce matin, nous avons quitté à regret la communauté mapuche de Llaguepulli. Après avoir pris trois cars successifs, nous sommes arrivés à Villarica, station de villégiature au bord du lac et au pied du volcan.

Marri Marri (Bonjour) du Lago Budi!

C'est dans une ruka que nous avons redige ce message. Il s'agit de l'habitat traditionnel mapuche au coeur duquel flambe un feu de bois et... Qui est équipe d'Internet. Comme cela n'a finalement pas fonctionne, nous sommes finalement à Villarica au moment de poster ce texte.
Après nous être entretenus avec les institutions gouvernementales chargées de la question mapuche (CONADI) a Temuco, nous sommes partis au Lago Budi à la rencontre d'une communauté mapuche. Celle-ci a développe un projet d'ecotourisme auquel participe une vingtaine de familles.
On nous a expliqué l'organisation sociale et économique de la communauté, nous les avons interroges sur les conflits qui opposent les mapuches a l Etat. Tous ont relevé les divergences qui existent au sein de leur peuple et la difficulté à s'organiser pour faire entendre leurs revendications.
Nous sommes logés par des familles ce qui est particulièrement propice aux échanges. Nous avons ainsi partage leur culture en apprenant les rudiments du tissage et en découvrant quelques plantes médicinales.
Nous nous trouvons dans un cadre magnifique sur les rives du Lago Budi, lac sale situe à une dizaine de kilomètres du Pacifique. Cette campagne vallonnée, difficile d'accès, est dédiée à l'agriculture de subsistance. Quelle tranquillité après l'effervescence de Santiago et de Valparaiso. Nous étions si bien que nous sommes restés une nuit supplémentaire.

mercredi 2 mai 2012

Une journée bien remplie à Temuco

Il est déjà minuit à Temuco. Les nouvelles seront donc brèves. En quelques mots: emplettes au marché artisanal, entretien avec un représentant de la Fédération des Étudiants Mapuches puis rencontre avec des étudiants français en stage à Temuco. Demain nous nous rendons dans une communauté mapuche au Lago Budi. Nous ne pourrons sans doute pas accéder à Internet pour animer le blog.

mardi 1 mai 2012

Premier jour en Wallmapu

(photographe : Magali Pomier)

Nous sommes arrives sous le brouillard a Temuco, capitale de l´Araucanie, ou un  habitant sur trois est mapuche. A notre arrivee, la ville etait endormie. Nous l'avons vue s'animer au fil de la journee.
En nous promenant, nous avons observe un surprenant monument de la "Pacification de l'Araucanie" sur la Plaza de Armas sur lequel etaient representes un conquistador espagnol, Ercilla, un soldat chilien de la pacification, un colon semant des graines, un guerrier mapuche, Kallfulifan et, au sommet, jouant du tambourin, une machi, pretresse mapuche. L'ensemble de ces personnages stereotypes sont des acteurs de l'histoire de l'Araucanie.
Nous avons poursuivi notre decouverte de la ville par la visite du cimetiere. La frequence des noms a consonnance europeenne, en particulier allemande, a retenu notre attention.
Ensuite, nous avons gravi le Cerro Nielol, un oasis de verdure au milieu de la ville, et nous avons decouvert au sommet quatre totems mapuche dresses et un plus ancien couche. Ce site religieux et historique (c'est ici qu'en 1881 aurait ete signe un traite de partage des terres entre les Mapuches et les colons) a attise notre envie d'en decouvrir davantage sur la question mapuche.

Valparaiso suite

(photographe : Magali Pomier)


Quelques mots pour evoquer notre derniere journee a Valparaiso : soleil, tour en bateau, otaries, porte-conteneurs, ascensores, mariscos, maisons colorees, peintures murales...

Valparaiso,  ¡ que paraiso !

dimanche 29 avril 2012

La maison de Isla Negra

Sous le soleil de Valpo


Nous sommes arrives a Valparaiso ce matin sous un soleil radieux. C'est une ville portuaire blottie entre la montagne et le Pacifique. Elle a beaucoup de charme, ses maisons colorees, ses ascenseurs du siecle dernier, ses ruelles tortueuses et pittoresques, que les colectivos devalent a toute allure...
Nous avons deguste un repas chilien dans un cadre agreable. Au menu, Mahi Mahi, plat de poisson de l'Île de Pâques.
Nous sommes ensuite partis pour Isla Negra, la maison favorite de Pablo Neruda. Si, faute de reservation, nous n'avons pu la visiter, nous avons compris, en l'admirant depuis la plage, pourquoi cet amoureux de la mer avait choisi ce site. Nous–memes avons pu profiter de la plage baignee de soleil et mettre nos mains dans le Pacifique, que certaines goutaient pour la premiere fois. Demain soir, pas de nouvelles sur le blog car nous serons dans le bus pour Temuco.

samedi 28 avril 2012

Santiago : Allende, Jara, Neruda ...




Il est 9h15 et nous partons pour une journee qui s'annonce intense. Nous flanons dans les rues de Santiago de Bellas Artes au musee de la Memoria. Nous faisons une premiere etape devant la Moneda, palais presidentiel charge d'histoire puisque c'est ici qu'est mort Salvador Allende lors du coup d'Etat de Pinochet le 11 septembre 1973. Puis nous continuons notre parcours par le quartier Brasil, quartier populaire dont les murs sont parsemes de tags originaux et colores. La visite du musee s'annonce forte en emotions puisqu'il leve le voile sur les evenements douloureux des annes de dictature et nous propose des temoignages bouleversants. Apres nous etre rassasies, nous montons grace au funiculaire au sommet de la colline San Cristobal qui nous offre un panorama spectaculaire de la capitale et une vue imprenable sur la cordillere des Andes. Enfin, nous terminons cette journee culturelle par la visite guidee de la maison de Pablo Neruda, maison des plus surprenantes parce qu'elle temoigne par son architecture en forme de bateau la passion du poete pour la mer alors qu'il en avait une peur bleue ! Vivement les prochaines visites d'Isla Negra et la Sebastiana (Valparaiso), les deux autres maisons du poete !

vendredi 27 avril 2012

Pluies torrentielles a Santiago !

Il n'avait pas plu a Santiago depuis six mois, mais aujourd'hui, c'est le deluge.On s'est ainsi rendu compte que la ville n'est pas adaptee aux averses : chaussees inondees, bus pleins, embouteillages, voitures noyees, etc...

Avenue Kennedy aujourd'hui (photo : El Mercurio)

Table ronde au lycee francais

Nous avons ete invites par Mr Santacana, professeur d'histoire-geographie et par Mr Emy, professeur de philosophie a participer a une table ronde sur l'Etat la nation et le territoire au Chili ainsi que la question mapuche. Ainsi, nous avons pu rencontrer des personnes aux points de vue differents. Tout d'abord nous avons rencontre un doctorant en anthropologie, Mr Perasso qui s'est interesse aux rapports entre les mapuches et  l'Etat dans la communaute de Lonquimay. Il a commence par retracer l'histoire du peuple mapuche des origines a aujourd'hui puis a presente leur rapport au territoire. Ensuite, nous avons rencontre les membres d'une ONG, Allianza Solidaridad, qui, a l'aide d'un document powerpoint, nous ont presente leur programme dans une quinzaine de communautes du Lago Budi. En effet, chaque annee, et ce depuis vingt ans, des personnes du lycee francais sont sollicitees pour parrainer les enfants mapuche dont l'acces a un enseignement superieur est limite par des contraintes notamment celle de l'eloignement des structures scolaires Ils apportent un soutien materiel, mais aussi ils les accompagnent dans la poursuite de leurs etudes, sans soucis paternaliste ni assistanat. Puis nous sommes intervenus pour presenter l'origine de notre projet et nos axes de recherche. A partir de ces presentations, s'en est suivi un debat auquel tout le monde a participe. Plusieurs problemes ont ete souleves : leur rapport a la modernite; leur rapport a la terre, et le differend entre Etat et mapuche a ce sujet...Des eleves de terminale L et ES qui etaient presents ont evoque leur propre experience.
Nous avons apprecie l'acceuil chaleureux des participants que nous remercions.

jeudi 26 avril 2012

Montevideo ou Santiago?


Les etudiantes ne sont pas arrivees a l aeroport que deja les obstacles se multiplient!
En effet, le panneau indiquant Orly a 400m cache en realite un defile de pots d'echappement, un oubli de sac nous contraint a rester devant le check-in quelques minutes de plus et une fois dans l'avion, les choses se compliquent encore plus. L'appareil fait un petit tour et puis... retour a la case depart (merci aux freins defaillants de l'avion). Nous retournons donc a la porte d embarquement pour prendre un autre avion. Le suspens est intenable durant deux heures : aurons-nous la correspondance pour Santiago?
En fait, non !
S'ensuit alors un sacre trekking dans l'Atacama madrilene de Barajas (le Roissy local endormi). Au bout d'une longue etendue vide, une dame bienfaitrice apparait. Non, ce n'est pas un mirage : elle existe vraiment. Elle regle tous nos problemes et nous voila partis pour Montevideo par un vol de 14h. Le doute plane : nos bagages nous ont-ils suivis dans ce periple infernal? 
¡ No hay mal que por bien no venga !
En effet, sans ces mesaventures, nous n aurions jamais pu faire la connaissance de Macarena, ancienne eleve du lycee francais de Santiago, confrontee aux memes difficultes que nous depuis Orly et que nous aurions du rencontrer deux jours plus tard lors d'une table ronde organisee au lycee. Nous n'aurions pas non plus rencontre Oscar, voisin de Mme Andre sur le vol Madrid/Montevideo, poete, ancien professeur de francais en Uruguay et d'espagnol en France, originaire de Paysandu, veritable Uruguayen puisqu'il va meme chercher son essence a Colonia (en Argentine) et qui se presente comme un extraterrestre.
Finalement, nous sommes bien arrives apres 24h de voyage. Nos bagages aussi !!!
Nous sommes bien installes en plein coeur de Santiago et tout va bien!
PS : desoles pour la graphie, nous ne disposons que d'un clavier chilien qwerty (et donc adieu les accents)



dimanche 15 avril 2012

Décollage immédiat !

Du 25 avril au 10 mai, suivez chaque jour les étapes du voyage en vous connectant sur ce blog.


Itinéraire
- 26, 27, 28, 29 avril: Santiago du Chili
- 29, 30 avril: Valparaiso
- 1, 2, 3 mai: Temuco, Lago Budi
- 3, 4, 5, 6 mai: Villarrica/Pucon
- 7 mai: Temuco
- 8, 9 mai: Santiago

Une voix mapuche: Elicura Chihuailaf




Elicura Chihuailaf, revendique ses racines indigènes. Poète engagé originaire du sud du Chili où il est né en 1952, il écrit en mapudungun, la langue des Mapuches. Il a publié de nombreux ouvrages, le plus souvent bilingues, et notamment une anthologie des poèmes de Pablo Neruda en langue mapuche. Son œuvre a été traduite dans plusieurs langues. Il est internationalement connu et participe régulièrement à des festivals, colloques ou récitals à travers l’Amérique et l’Europe. Membre de l’Académie Chilienne de Langue, il a été secrétaire général de la Société des Ecrivains Indigènes d’Amérique.

Dans les lignes qui suivent, il évoque l’exil et l’oralité, thèmes récurrents de la culture mapuche:

Ma poésie est en constante évolution dans la mesure où elle représente ma situation en tant que mapuche : en plus de vivre exilé en ville, j’ai dû apprendre des codes qui ne sont pas les nôtres, ce qui revient à être exilé sur mon propre territoire. Ce déracinement apparaît quand on naît, grandit et apprend à penser selon les coutumes et l’esprit d’un peuple qui a été déplacé. Il suffit de faire quelques kilomètres pour se retrouver dans un autre « pays ».

Je me suis toujours considéré comme un « oraliteur » car, lorsque j’étais interne au lycée de Temuco, j’ai commencé à écrire par nostalgie et non pour accéder aux livres qui me semblaient étrangers puisqu’ils ne parlaient ni de nous ni de notre réalité...

Pour notre peuple, il y a quelque chose d’essentiel dans notre mode de vie : c’est l’art de la conversation. Ce n’est pas tant le fait de parler qui est difficile. Le vrai travail de la parole consiste à apprendre à écouter et ainsi créer la réciprocité.

Selon nous, cette disparition de l’art de la conversation et de l’oralité est liée à l’absence  de vraie démocratie dans la société. Par exemple, on ne tient pas compte de l’opinion des enfants : on ne les  prend pas en considération et on ne leur permet pas de donner leur avis. Il en est de même avec les personnes âgées : on les tient à distance et on ne leur donne pas la possibilité de partager leurs expériences. Nous, nous disons que nous sommes tous à la fois des enfants et des personnes âgées.


Les vers qui suivent pourraient constituer son credo poétique.
La traduction en français est suivie de la version originale bilingue (mapudungun et espagnol).

La clef que personne n'a perdue
La poésie ne sert à rien, me dit-on.
Et dans le bois les arbres se caressent
avec leurs racines bleues et agitent leurs branches
dans l'air, saluant avec les oiseaux la Croix du Sud.
La poésie est le profond murmure des assassinés,
la rumeur des feuilles en automne, la tristesse
envers le garçon qui conserve la langue
mais qui a perdu l'âme
La poésie, la poésie est un geste, le paysage,
tes yeux et mes yeux,  jeune fille, les oreilles, le coeur
la musique elle-même. Et je n'en dis pas plus, car
personne ne trouvera la clef que personne n'a perdue.
Et la poésie est le chant de mes ancêtres
le jour d'hiver qui brûle et éteint cette mélancolie si per
sonnelle.

Ini rume ñamvm noel chillafe
Feyti vlkantun che mu rume kvmelay, pigeken
Ka fey ti mawizantu ayiwigvn .ti pu aliwen
ñi kallfv folil mu egvn
ka ñi chagvll negvmi ti kvrvf
chalilerpuy vñvm egu ti Pvnon Choyke
Feyti vlkantun alvkonchi wirarvn
feyti pu lalu
kiñe pin ti tapvl rimv mew
feyti weñagkvn feyti wecheche
ñi petu zugu ñi kewvn
welu ñami ñi pvllv
Feyti vlkantun, ti vlkantun fey
kiñe pewma feyti afvl chi mapu
tami ge ka iñche ñi ge, vlcha
allkvfe piwke, ka feychi  vl zugulvn
Ka zoy pilayan, ini rume penolu
ti llafe ini rume ñamvn nolu
Kas vlkantun fey ñi vl tañi pu Kuyfikeche
pukem antv mu vy lu ka chonglu
feyta chi kisu zwam weñagkvn

 
La llave que nadie ha perdido 
La poesía no sirve para nada, me dicen
Y en el bosque los arboles se acarician
con sus raíces azules y agitan sus ramas
al aire, saludando con pájaros  la Cruz del Sur
La poesía es el hondo susurro de los asesinados
el rumor de hojas  en el otoño, la tristeza
por el muchacho que conserva la lengua
pero ha perdido el alma
La poesía, la poesía, es un gesto, el paisaje
tus ojos y mis ojos muchacha, oídos corazón
la misma música. Y no digo más, porque
nadie encontrará la llave que nadie ha perdido.
Y poesía es el canto de mis antepasados
el día de invierno que arde y apaga esta melancolía tan personal.







 

samedi 14 avril 2012

Les étudiantes de prépa vont rencontrer les Indiens mapuches

(D'après l'article paru dans le Parisien, 20.01.2012)
Elles ont voulu passer des livres sur le cône sud de l’Amérique du Sud à la découverte des Indiens. Du lourd programme de prépa aux terres du Chili et d’Argentine. Alexandra, Laurédana, Iphigénie, Aurélie et Pauline sortiront en mai de la première promotion khâgne du lycée Jean-Vilar, à Meaux. L’établissement a ouvert en 2010 la deuxième prépa littéraire publique du département, la première se trouvant au lycée Amyot de Melun.
Elles ont découvert leur histoire à travers les cours. Cette communauté indienne, estimée à près de deux millions de personnes, revendique ses droits depuis l’arrivée des démocraties dans les années 1990.
« Les Mapuches ont toujours été marginalisés depuis la conquête espagnole, détaille Benjamin Pomier, professeur de géographie. Ils avaient interdiction de parler leur langue, leurs terres avaient été confisquées. Depuis les années 1990, un processus de reconnaissance de leur culture et de leurs droits a été entamé par la gouvernement, mais pour beaucoup il est largement inachevé."
L’enseignant, qui accompagnera le voyage, salue la motivation et l’investissement de ses élèves : « Elles ont monté leur parcours seules, pris les contacts avec des associations sur place, elles ont vraiment envie de concrétiser leur projet. » Les filles veulent sortir du « contexte scolaire pour découvrir les conséquences de la modernité sur les Mapuches ».
Elles rencontreront des politiques, des associations et bien sûr les Mapuches.
A Santiago, elles seront logées dans les familles d’élèves du lycée français. Puis elles vont parcourir 700 km en bus, pour rejoindre une association humanitaire au sud du Chili. Elles rencontreront aussi les Mapuches en Patagonie, côté argentin.

Décollage en avril

« Nous voulons mener notre propre enquête sur l’impact de la mondialisation sur cette communauté indigène et la question identitaire des Indiens. Ils n’ont pas la même notion de frontière que nous et vivaient en Amérique du Sud avant la création de la frontière entre le Chili et l’Argentine. » Elles veulent apprécier si les Mapuches sont nombreux à tirer profit du tourisme.
Les étudiantes ont créé l’association Challenge prépa, pour décrocher des subventions. Elles s’envoleront en avril, après avoir passé le concours de l’Ecole normale supérieure, et reviendront juste avant les oraux. « Ce voyage ce sera le moyen de souffler après deux années de travail acharné », sourient-elles avec espoir. Elles seront accompagnées par M. Pomier (professeur de géographie), Mme André (professeur d'espagnol) et Mme Thomazeau (Professeur d'histoire).


Nous tenons à remercier pour leur soutien:
M. DJIMADOUM, proviseur du lycée Jean Vilar de Meaux
MME DELVAUX, proviseure adjointe du lycée Jean Vilar
M. COPPE, député-maire de Meaux
Le Lion's Club de Meaux
Le Club 41 de Meaux
Le rectorat de l'académie de Créteil
Le Parisien
La Marne, journal local de Seine-et-Marne
Le personnel enseignant et administratif du lycée Jean Vilar de Meaux

Le peuple mapuche: résistance de la culture ou culture de la résistance ?

Lautaro, personnage hsitorique et légendaire, incarne la résistance du peuple mapuche face aux espagnols au XVI°s siècle. Chef de guerre mais aussi fin diplomate et stratège, il bat une première fois Pedro De Valvidia à la bataille de Tucapel en 1553. L'année suivante, les espagnols lancent une seconde expédition qui s'achèvera aussi en désastre. Finalement, probablement suite à une trahison, Lautaro est surpris dans son propre camp et tué. Pourtant, malgré la mort du héros, les espagnols ne parviendront jamais à conquérir les terres au sud du rio Bio-Bio qui fera office de frontière jusqu'à la fin du XIX° siècle et baptiseront cette région méridionale l'Araucania (c'est à dire "la terre des sauvages"). La région sera incorporée par la force à la fin du XIX° siècle lors de la "pacification" de l'Araucania, une bonne partie de la population mapuche est tuée, déportée dans les centres urbains; l'immense majorité de leurs terres ont été confisquées sauf quelques lopins qui constitueront des réserves surpeuplées.